LES DÎNERS LITTÉRAIRES
QUI CÉLÈBRENT « LA PASSION DU STYLE » — QU'IL SOIT VESTIMENTAIRE OU LITTÉRAIRE.
Le style, c’est ce qui relie la littérature et la mode. Une élégance, une forme, un mouvement, une matière, une couleur...
Parce qu’en latin, texte et tissu partagent la même racine, Figaret célèbre ce lien subtil entre écriture et allure — le panache des écrivains qui, par leurs mots comme par leur tenue, façonnent une esthétique singulière.
Depuis toujours, la littérature s’intéresse au vêtement : il définit un personnage, reflète une époque, affirme une identité.
Chez Figaret, nous partageons cette passion du style, qu’il soit littéraire ou vestimentaire.
Pour la faire vivre, nous organisons depuis 2022 les Dîners Littéraires Figaret : des rencontres où écrivains et personnalités viennent raconter leur admiration pour un auteur, un texte ou un livre « qui a changé leur vie ».
Un moment de partage, d’élégance et de transmission — à l’image de notre Maison de chemises cinquantenaire.
- AVRIL 22
La passion du style de Romain Gary par Maria Pourchet
- SEPTEMBRE 22
La passion du style d'Albert Camus par Charles Pépin et Hubert Védrine
- MARS 23
La passion du style de Joseph Kessel par Olivia De Lamberterie
- JUIN 23
La passion du style de Jorge Luis Borges par Ariel Wizman
- SEPTEMBRE 23
La passion du style de Nicolas Bouvier par François-Henri Deserable
- JANVIER 24
La passion du style de Bret Easton Ellis par Christophe Ono-dit-Biot
LA PASSION DU STYLE
- MARS 24
La passion du style de Philip Roth par David Foenkinos
- NOVEMBRE 24
La passion du style de Franz Kafka par Bruno Le Maire
- JUILLET 25
La passion du style de Annie Ernaux par Rebecca Manzoni
- NOVEMBRE 25
La passion du style des soeurs Brontë par Augustin Trapenard
- MARS 26
La passion du style de Marcel Proust par Guillaume Gallienne
L'INVITÉ
GUILLAUME GALLIENNE — ÉDITION N°11
Guillaume Gallienne est un auteur, scénariste et comédien français. Issu d’un environnement cosmopolite aux origines russes et géorgiennes, il développe très tôt un intérêt pour les langues et les identités. Formé au Cours Florent puis au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, il rejoint la Comédie-Française en 1998 et en devient sociétaire en 2005, où il interprète un large répertoire.
Parallèlement, il mène une carrière au cinéma marquée par une consécration majeure avec Les Garçons et Guillaume, à table ! (2013), adaptation de son spectacle, récompensée par cinq Césars. Il endosse ensuite des rôles marquants, notamment dans Yves Saint Laurent (2014), Cézanne et moi (2016) et Éperdument (2016).
Également metteur en scène, il collabore avec l’Opéra de Paris et l’Opéra-Comique, et anime pendant plus de dix ans l’émission Ça peut pas faire de mal sur France Inter. En 2025, il publie son premier roman Le Buveur de brume aux éditions Stock.
Guillaume Gallienne, auteur, scénariste et comédien.
De quel auteur / autrice avez-vous la passion du style ?
Le romancier belge Georges Simenon
Quel est le livre que vous avez le plus offert ?
L'autre moitié du songe m'appartient de Alicia Gallienne
Quel est votre mot ou une expression signature ?
Le mot « éphémère », l'expression « Carpe Diem »
Quelle est votre insulte préférée ?
« Fat »
Quel détail vestimentaire vous donne le sentiment d’être “vous” ?
Les écharpes
Votre défaut inavouable, c’est…
La colère
La personnalité que vous aimeriez convier à notre table ?
La journaliste et écrivaine Leïla Slimani
L'ANALYSE DU STYLE
DE MARCEL PROUST
« Je découvrais dans la chemisette mille détails d'exécution qui avaient eu grande chance de rester inaperçus, comme ces parties d'orchestre auxquelles le compositeur a donné tous ses soins, bien qu'elles ne doivent jamais arriver aux oreilles du public ; ou dans les manches de la jaquette pliée sur mon bras je voyais, je regardais longuement, par plaisir ou par amabilité, quelque détail exquis, [...] comme ces sculptures gothiques d'une cathédrale dissimulées au revers d'une balustrade à quatre-vingts pieds de hauteur, aussi parfaites que les bas-reliefs du grand porche, mais que personne n'avait jamais vues avant qu'au hasard d'un voyage, un artiste n'eût obtenu de monter se promener en plein ciel, pour dominer toute la ville, entre les deux tours. »
L’attention que Marcel Proust porte aux vêtements dans ses romans dépasse le simple goût du détail : elle révèle une manière unique d’amplifier le réel.
Dans Du côté de chez Swann, un élément vestimentaire devient ainsi le point de départ d’une contemplation presque infinie. Le moindre pli, la plus discrète couture, s’élèvent en une construction sensible et minutieuse, à la manière d’une œuvre musicale ou d’une architecture invisible.
Chez Proust, le vêtement n’est jamais accessoire : il participe pleinement à la révélation des personnages, où style, mémoire et perception composent un portrait d’une richesse exceptionnelle.